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Pourquoi le CCA participe t-il à la Biennale de Belleville ?
Le Conseil de la création artistique, laboratoire de recherche et de développement de projets culturels, se situe résolument dans des modes d’action innovants. Il propose d’expérimenter de nouvelles façons de soutenir la création artistique et la diffusion des œuvres auprès d’un public le plus large possible en soutenant des projets, pour certains modestes, pour d’autres plus ambitieux. Il doit montrer par l’exemplarité de ses projets que d’autres formes de soutien à la vie artistique et culturelle sont possibles, et même indispensables.
L’évolution de la création artistique nous conduit aujourd’hui à être attentifs à la transversalité, de plus en plus présente dans tous les domaines artistiques. La plupart des créateurs ne se cantonne pas à un seul domaine de création. Bien au contraire, ils utilisent simultanément toutes les formes dont ils disposent au service d’œuvres hybrides. C’est sur ce modèle de transversalité inspirée par les artistes eux-mêmes que se situe l’action du Conseil, visant à la fois à renforcer les passerelles existantes et à en créer de nouvelles, entre les créateurs, entre les territoires, et avec l’étranger. Tisser ces liens est une façon de promouvoir la création auprès de tous les publics et d’irriguer tous les aspects du champ social.
Participer à cette première édition de la Biennale de Belleville rentre dans le champ de nos expérimentations. La Biennale de Belleville défend un modèle quasiment inédit à ce jour : celui d’une Biennale de quartier intelligente, de proximité. Ou, comment tenir l’improbable pari d’une cohabitation réussie entre un contexte préexistant (enchevêtrement complexe de données géographiques, artistiques, politiques et économiques) et une manifestation artistiquement exigeante qui œuvre en direction de l’international. La Biennale de Belleville, comme ses consoeurs naissantes et embryonnaires : « la Biennale de Kreuzberg » à Berlin curatée durant l’été 2010 en marge de la Biennale de Berlin, et la « Biennale de Harlem » à New York dont la première édition devrait voir le jour en mai 2012, misent ainsi sur un appel d’air sans précédent pour un quartier trop souvent stigmatisé ou minoré.
Le Conseil de la création artistique développe également un projet autour de la Colline de Chaillot, intitulé « Paris Ouest Cultures » : en effet, sur la colline de Chaillot, le Paris culturel bénéficie d’un ensemble unique au monde. Une équation synergique incroyable qui tient dans un mouchoir de poche, croise toutes les histoires, tous les genres et toutes les pratiques. A l’autre extrémité de la capitale, le quartier de Belleville offre un contre-point passionnant à cette expérimentation dans l’ouest parisien qui développera également une mise en réseau des acteurs culturels existants sur un territoire.
Dès la première édition, la Biennale de Belleville joue la carte de l’ouverture en direction de l’ouest parisien et notamment en invitant l’ Université d’Eté de Dynasty (Palais de Tokyo et Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris) à se délocaliser le temps du week-end de vernissage autour d’une réflexion commune sur « la fabrique de l’artiste ».
Dans l’esprit du Conseil de la création artistique de soutenir des projets reproductibles, la Biennale de Belleville constitue une préfiguration idéale conçue sur le modèle du miroir déformant. Coordination, cohabitation, synergie et expérimentation constituent les mots clés de cette première édition. La mise en pratique de ce vocabulaire permettra pour le Conseil de la création artistique d’évaluer certains des enjeux à venir de « Paris Ouest Cultures ».
