24 septembre, pavillon Carré de Beaudoin

Pour se préserver, certains animaux choisissent d’échapper au regard de leurs prédateurs en se mélangeant avec le paysage. Leur idéal est de ne faire aucun mouvement, de n’avoir ni forme ni couleur. Ils savent détourner l’attention en devenant du « rien ».  C’est aussi ce que l’on voudrait être quand on marche avec un sac à dos en dehors des sentiers de randonnée ou des périodes de vacances. On doit apprendre à mentir sur le fait que l’on n’a pas forcément de raisons ou de besoin d’être à pied. Il faut se cacher pour dormir.

Conception d’une expo au cours d’un voyage de Nantes va exploiter cet état d’esprit, celui dans lequel on est quand on longe une autoroute ou une voie de chemin de fer. Durant un trajet de Nantes jusqu’à l’épicentre de la biennale de Belleville, il s’agira de transformer le moment de la marche en atelier d’artiste par la réalisation de petites sculptures fortement influencées par le voyage, des objets qui n’auraient aucune raison d’exister en dehors de ce contexte de méfiance et d’inconfort. Il faudra se laisser porter par les opportunités offertes par les espaces traversés mais surtout par les conditions de vie d’un marcheur dans un univers où le déplacement est surtout mécanique et où dormir est un retour quotidien au foyer. L’environnement, naturel ou non, définira le style et obligera la forme à s’adapter à ses exigences. Tous les objets seront faits de déchets prélevés en chemin et seront installés à l’arrivée de l’artiste, le jour du vernissage, au pavillon Carré de Baudouin. Il en découlera un accrochage évolutif, enrichi par d’autres marcheurs qui viendront, au terme de leurs trajets, enrichir cette collection de souvenirs de promenade ou de voyage en y déposant les leurs.

Suivre la marche en images ici : http://laurenttixador.tumblr.com

En partenariat avec l’école supérieure des beaux-arts de Nantes

September 24, Pavillon Carré de Beaudoin

For their protection, some animals choose to dodge their predators’ eyes by blending with the landscape. Their ideal is not to make any movement, and have neither shape nor colour. They know how to divert attention by becoming “nothing”. This is also what one would like to be when one walks with a backpack away from hiking trails and outside holiday periods. One has to learn how to lie about the fact that one does not necessarily have any reason or need to be on foot. One has to hide oneself in order to sleep.

Designing a Show during a Journey from Nantes will make use of this state of mind, the state one is in when one walks beside a motorway or a railway. During a journey from Nantes to the epicenter of the Belleville Biennale, what will be involved is transforming the moment of the walk into an artist’s studio by the production of small sculptures strongly influenced by the trip, objects which would have no reason to exist outside of this context of suspicion and discomfort. The walker will have to let himself be borne along by the opportunities offered by the areas walked through but above all by the living conditions of a person walking in a world where moving about is above all mechanical and where sleeping is a daily return home. The environment, natural or otherwise, will define the style and force the content to adapt to its demands. All the objects will be made with rubbish gathered on the way and when the artist arrives, on the day of the opening, they will be installed in the Pavillon Carré de Baudouin. There will then be an evolving hanging, added to by other walkers who, at the end of their journeys, will enrich this collection of walk and travel souvenirs by putting their own objects in it.

Follow the walk here : http://laurenttixador.tumblr.com

In partnership with the Ecole supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole.