Ulysses, a long way

Du 22 au 26 octobre

L’œuvre de Jean-Christophe Norman se développe autour d’une pratique étonnement variée qui associe, le plus souvent, la marche à l’écriture, le récit au parcours, et produit des superpositions géographiques. En 2005, il traverse entièrement la ville de Berlin en écrivant le passage du temps qu’il recopie sur l’asphalte sous la forme d’une ligne continue à l’aide de craies blanches. Une longue « expédition horizontale » qui durera près d’un mois. Ainsi, au cours des années suivantes il traversera les villes de New York, Metz, Vilnius, Paris, Istanbul, Montevideo…

Parallèlement, l’artiste reproduit précisément par la marche les contours d’une ville à l’intérieur d’une autre en suivant au plus près les lignes tracées sur la carte qu’il emporte avec lui. La marche devient alors « dessin » dans l’espace et elle offre la possibilité un peu surréaliste de se trouver dans deux lieux en même temps. De cette façon, Norman « redessine » Besançon dans Tokyo, Lisbonne dans Berlin… Son projet emblématique à ce jour reste sans doute Constellation walks pour lequel, en 2008, il a reproduit les contours de la ville de Vilnius, cette fois à l’intérieur de sept villes dispersées sur le globe.

Il est probable qu’Ulysses, a long way découle à la fois de ces longues marches à caractère épique et du sens de la dispersion qu’elles impliquent. En effet, en 2012, Norman a entrepris de réécrire le roman de James Joyce une première fois pour en proposer une vision frontale. Cette première partie achevée, il s’est lancé dans une nouvelle « aventure » : recommencer cette réécriture dans des villes éparpillées à la surface du monde, ne sachant pas où et quand il en aurait fini avec cette épopée. Commencée à Tokyo, poursuivie à Marseille et à Gdansk, cette nouvelle réécriture va continuer pendant de longues journées dans le temps de la biennale de Belleville. Des journées entières d’écriture, et une ligne écrite sur le sol à la craie blanche qui s’insinuera dans les rues du quartier, jetant un trouble dans le quotidien, provoquant toutes sortes d’événements : des arrêts, des lectures des passants, des discussions, des histoires nouvelles, tout un champ d’interrogations que Norman laisse ouvert à l’interprétation.

Ulysses, a long way 

From 22 to 26 October

Jean-Christophe Norman’s œuvre is being developed around a surprisingly varied praxis which usually associates walking with writing, and narrative with circuit, and produces geographical overlays. In 2005, he walked all over the city of Berlin, writing down the passage of time which he recopied on the asphalt in the form of a continuous line, using white chalk. A long “horizontal expedition” which would last almost a month. In this way, during the ensuing years, he would walk through the cities of New York, Metz, Vilnius, Paris, Istanbul, and Montevideo…

In tandem, through walks, the artist precisely reproduces the contours and outlines of one city within another by very closely following the lines drawn on the map he carries with him. The walk thus becomes “drawing” in space, offering the slightly surrealist possibility of finding oneself in two places at the same time. In this way Norman “re-draws” Besançon in Tokyo, Lisbon in Berlin… His to date emblematic project is still probably Constellation Walks, for which, in 2008, he reproduced the contours and outlines of the city of Vilnius, this time within seven cities scattered across the world.

It is likely that Ulysses, a long way results both from these epic long walks and the sense of dispersal that they involve. In 2012, in fact, Norman undertook the task of re-writing James Joyce’s novel a first time in order to propose a head-on vision of it. Once this first part was complete, he plunged into a new “adventure”: recommencing this re-writing in cities all over the world’s surface, not knowing where and when he would be through with this saga. Starting in Tokyo, then carried on in Marseille and Gdansk, this new re-writing will now continue over many long days during the Belleville Biennale. Whole days of writing, and a line written on the ground with white chalk which will work its way into the neighbourhood’s streets, creating confusion in the daily round, and giving rise to all sorts of events: halts, readings for the passers-by, discussions, new stories, a whole swathe of questions which Norman leaves open to interpretation.