La 3e édition de la biennale de Belleville n’est pas pensée pour accueillir des expositions : marches, randonnées, parcours, sillonnent la ville en tous sens ; les artistes invités y ouvrent de nouvelles liaisons pédestres, réécrivent à la craie des textes célèbres sur ses trottoirs, incorporent son décor au scénario de leur divagation ; les curateurs donnent rendez-vous dans des bars pour y écouter des fictions ; les visiteurs sont invités à s’immerger dans l’histoire de la construction de Paris, priés de se rendre sur des sites Internet où des artistes de Brooklyn leur décrivent des œuvres qui resteront invisibles. On l’aura compris, cette édition de la biennale fuit l’objet d’art et sa destination habituelle, l’exposition, pour privilégier une relation renouvelée à l’œuvre. Aussi, l’exposition du pavillon Carré de Baudouin n’aura que les apparences d’une exposition classique et relèvera plus de ce désir de déplacement, cherchant à rendre le visiteur autonome et mobile plutôt qu’à lui imposer la statique des cimaises. Les œuvres qui y seront présentées seront plus à envisager comme témoins d’une « tradition » de mise en retrait de l’exposition — de Robert Smithson qui souhaitait éloigner les œuvres le plus loin possible des métropoles pour forcer les spectateurs à s’y rendre, à Hamish Fulton qui poursuit ses marches à travers les grands espaces et qui a fait de l’expérience corporelle et de l’esthétique de la marche le cœur de son travail — ou de l’idée d’une exposition in progress — Laurent Tixador déposera le jour du vernissage, sur une table prévue à cet effet, les objets fabriqués durant sa « longue marche » entre Nantes et Paris, invitant les futurs « randonneurs » de la biennale à se joindre à ce projet collectif. Issues des projets extra-muros, à l’instar du film de la liaison pédestre Gagosian-Le Bourget / Ropac-Pantin de Clayssen et Laforet, les autres œuvres fonctionnent comme traits d’union vers l’extérieur et invitent à participer aux multiples propositions de parcours collectifs ou solitaires, guidés ou libres, qui définissent la biennale. L’exposition participe d’un dispositif organique se déployant dans tout le centre d’art, incluant librairie, artothèque, cinéma dans l’auditorium et borne d’accueil fonctionnant comme un quasi office de tourisme dont les destinations ainsi que les pratiques restent à définir et à inventer par les visiteurs mêmes.

Au pavillon Carré de Baudoin

du mardi au samedi de 11h à 18h

The third Belleville Biennale has not been conceived to accommodate exhibitions: walks, hikes, routes and trails criss-cross the city in every direction. Here, guest artists are opening up new pedestrian links, re-writing famous texts in chalk on pavements, and incorporating the city’s décor in the script of their meanderings. Curators are arranging meetings in bars to listen to fictions; and visitors are invited to delve into the history of the construction of Paris, and being asked to go to Internet sites where Brooklyn artists describe for them works which will remain invisible. The point is clear: this Biennale is sidestepping the art object and its usual destination, the exhibition, and encouraging a renewed relation to the artwork. So the exhibition at the Pavillon Carré de Baudouin will not look like a classic exhibition: instead, it will be the result of this desire for displacement and shift, trying to make the visitor autonomous and mobile rather than imposing on him or her the static nature of gallery walls. The works which will be on view in the Pavillon should be seen more as witnesses of a “tradition” that puts the exhibition on the back burner—from Robert Smithson who wanted to remove works as far as possible from metropolises to force viewers to go and find them, to Hamish Fulton, who continues his walks through wide open spaces and who has made physical experience and the aesthetics of the walk the nub of his œuvre—or the idea of an exhibition in progress—on the day of the opening, Laurent Tixador will set the objects made during his “long march” from Nantes to Paris on a table provided to this end, inviting the Biennale’s future “hikers” to join in this collective project. Stemming from extramural projects, like Clayssen and Laforet’s film of the Gagosian-Le Bourget/Ropac-Pantin pedestrian link, the other works function like hyphens to the outside and invite participation in the many different proposals of collective and solitary circuits, guided or not, which define this Biennale. The exhibition is part and parcel of an organic arrangement unfurling throughout the art centre, including a bookshop, an art lending library, a cinema and a reception point operating almost like a tourist office, whose destinations and activities remain to be defined and invented by the visitors themselves.

at the Pavillon Carré de Baudoin,

open : Tuesday to Saturday, 11am to 6pm