L’artothèque de Belleville

au rez-de-chaussée du pavillon Carré de Baudoin

du mardi au samedi de 11h à 18h

Cœur de la biennale, le pavillon Carré de Baudouin abrite également son artothèque éphémère. Ce dispositif de prêt d’œuvres d’art contemporain ouvert à toutes et à tous offre la possibilité d’emporter et d’accrocher chez soi une œuvre, qu’elle soit dessin, lithographie, estampe, photographie ou peinture. Voisins curieux, néophytes, amateurs ou collectionneurs, chacun-e peut établir une relation privilégiée et décomplexée à la création actuelle.

À bien des égards, Belleville s’apparente à une Babel moderne, un Aleph parisien, un lieu « où se trouvent, sans se confondre, tous les lieux de l’univers », selon le mot de Jorge Luis Borges.

Depuis dix ans, l’art contemporain superpose sa cartographie à celles qui lui préexistaient sur ce territoire, cette implantation ne paraissant ni familière, ni étrangère. Belleville se donne comme un territoire hypertexte : l’art y est comme offshore, « à la fois expédition engagée au cœur du réel et retrait dans le confort que procure l’extraterritorialité » (Nicolas Bourriaud, Global Navigation System, 2003).

La biennale ouvre des perspectives d’ancrage : comme les Maroons voyaient coexister les peaux blanches, noires et rouges, pirates, fuyards et natifs formant de nouvelles communautés hétérotopiques et temporaires, l’artothèque explore ce qui conjoint la biennale et Belleville.

Elle veut rediffuser des formes et des signes liés à divers processus d’infiltration, au travers d’œuvres évoquant camouflage (Roxane Borujerdi, Pablo Garcia, Nicolas Lespagnol, Jérémie Setton), transparence (Dominique Blais, Isabelle Giovacchini, Laurent Lacotte, Estefania Peñafiel Loaiza, Mathieu Mercier, Emmanuel Régent), masque (Jean Bedez, Hippolyte Hentgen, Julien Nédélec), vernaculaire (Laëtitia Badaut Haussmann, Jordi Colomer, Guillaume Constantin, Nicolas Giraud, Matthieu Laurette, Marion Verboom), indigénisation (Coraline de Chiara, Caroline Delieutraz, Kristina Solomoukha et Paolo Codeluppi, Nathalie Talec) ou porosité (Guillaume Aubry, Jean-Baptiste Caron, Isabelle Ferreira, Christoph Weber) et renvoie à la présence de l’art contemporain à Belleville autant qu’à l’évidence de ce nouveau paysage.

La dispersion des œuvres, prêtées par des galeries, des artistes ou des collectionneurs, est facilitée par la gratuité de l’emprunt, qui peut se prolonger par l’acquisition ; un dispositif de rencontres est mis en place auprès d’habitant-e-s via le système d’échanges de L’Accorderie.

La scénographie, pensée par David Ha, joue sur l’ambiguïté d’une exposition qui intègre également l’absence potentielle des pièces, parties elles aussi pour Croatan1

1 Le nom Croatan vient des premières colonies du Nouveau monde qui échouèrent. Les colons disparurent, après avoir pris soin de graver dans un arbre cet étrange message « Partis pour Croatan ». Aujourd’hui, le mystère demeure mais, d’après certaines légendes, les colons de la « colonie perdue » désertèrent pour s’installer avec les indiens de Croatan, loin de la civilisation.

Remerciements aux artistes, aux galeries du Grand Belleville (22,48m2, Crèvecoeur, Emmanuel Hervé, Suzanne Tarasiève, Jocelyn Wolff), aux lieux Glassbox et Contexts, aux galeries Joseph Allen, Bertrand Baraudou, Colette Colla, Bertrand Grimont, Alain Gutharc, Scrawitch, Sémiose, Anne de Villepoix et Xippas.

The Belleville Art Lending Library 

at the Pavillon Carré de Baudoin, ground floor

open : Tuesday to Saturday, 11am to 6pm

The pavillon Carré de Baudouin, hub of the Biennale, also houses its ephemeral art lending library. This system for lending contemporary artworks, which is open to one and all, offers you a chance to leave the library with a work and hang it in your own home, be it a drawing, lithograph, print, photograph or painting. Curious neighbours, novices, art lovers and collectors can all establish a special and confident relation with contemporary art.

In many respects, Belleville is like a modern Babel, a Parisian Aleph, a place “where you can readily find all the places of the world”, to borrow Jorge Luis Borges’s words.

For ten years now, contemporary art has been overlaying its map on maps which already existed in this area, and this settlement seems neither familiar nor foreign. Belleville comes across like a hypertext territory: art in it is as if offshore, “at once an expedition undertaken to the heart of reality and a withdrawal into the comfort provided by extra-territoriality”. (Nicolas Bourriaud, Global Navigation System, 2003).

The Biennale opens up prospects of moorings: the way the Maroons saw co-existence between white, black and red skins, pirates, fugitives and natives forming new heterotopic and temporary communities, so the Art Lending Library explores what links the Biennale and Belleville. It is keen to re-broadcast forms and signs linked to different processes of infiltration, by way of works evoking camouflage (Roxane Borujerdi, Pablo Garcia, Nicolas Lespagnol, Jérémie Setton), transparency (Dominique Blais, Isabelle Giovacchini, Laurent Lacotte, Estefania Peñafiel Loaiza, Mathieu Mercier, Emmanuel Régent), masks (Jean Bedez, Hippolyte Hentgen, Julien Nédélec), things vernacular (Laëtitia Badaut Haussmann, Jordi Colomer, Guillaume Constantin, Nicolas Giraud, Matthieu Laurette, Marion Verboom), indigenization (Coraline de Chiara, Caroline Delieutraz, Kristina Solomoukha and Paolo Codeluppi, Nathalie Talec) and porousness (Guillaume Aubry, Jean-Baptiste Caron, Isabelle Ferreira, Christoph Weber) and refers to the presence of contemporary art in Belleville as much as to the obviousness of this new landscape.

The dispersal of the works, on loan from galleries, artists and collectors, is helped by the fact that the loans are free, and may possibly be purchased. A system of meetings is set up among inhabitants via the exchange system of the Accorderie. The set, conceived by David Ha, plays on the ambiguity of an exhibition which also incorporates the potential absence of pieces, which are also “gone to Croatan1”. 

1 The name Croatan comes from the first colonies in the New World, which failed. The settlers disappeared, after carefully carving this strange message in a tree: “Gone to Croatan”. The mystery still remains today but, according to certain legends, the colonists of the “lost colony” deserted and settled with the Indians of Croatan, far from civilization.

Thanks to the artists and galleries of Greater Belleville (22,48m2, Crèvecoeur, Emmanuel Hervé, Suzanne Tarasiève, Jocelyn Wolff), to the venues Glassbox and Contexts, and to the Joseph Allen, Bertrand Baraudou, Colette Colla, Bertrand Grimont, Alain Gutharc, Scrawitch, Sémiose, Anne de Villepoix and Xippas galleries.