English version below

Une proposition d’Aude Launay.
Rues Julien Lacroix, Ramponneau et Tourtille. Le 22 septembre de 12h à 22h.

Avec : Erwan Ballan, Davide Balula, Martin Barré, Cécile Bart, Nikolas Gambaroff,  Aldric Mathieu, Guillaume Pellay, Élodie Seguin.

Télécharger le plan: StreetPainting2.pdf

« La Peinture était le meilleur allié de la galerie blanche, l’avatar du modernisme. Quelle qu’ait été la radicalité de ses innovations, la toile était sagement accrochée au mur. Le déclin de l’empire de la peinture vint ébranler la pureté de l’espace blanc. » (1)

« La peinture, par exemple, semble plutôt innocente. C’est pourquoi nous donnons des crayons de couleur et des pinceaux aux enfants alors qu’ils ne savent même pas encore écrire, lire, ni même parler correctement. Mais en fait, pas tant que ça. La peinture est plane mais crée un sacré désordre. » (2)

« La définition de la peinture doit être aussi extensive que l’appropriation du réel par l’espèce humaine l’exige, que ce réel soit donné ou fabriqué. » (3)

Poursuivant la réflexion entamée lors de la première édition de la biennale de Belleville avec Street Painting (4) — « exposition » en extérieur qui se proposait de livrer à l’épreuve de la rue des toiles, des peintures 
performées et bien d’autres pratiques picturales que l’on pensait vouées à l’espace muséal — Street Painting 2 décide de prendre au mot les artistes qui disent vouloir se frotter au tableau, s’en échapper… Il s’agit de confronter la réflexion sur le médium, souvent confinée à l’atelier et limitée à la surface de la toile, au monde « extérieur », avec tous ses aléas, physiques et sociaux. L’espace urbain devient espace d’exposition avec les passants et habitants du quartier pour public. À l’inverse, des œuvres de Martin Barré et Nikolas Gambaroff, s’inspirant de l’espace urbain — les graffitis pour Barré et les objets que l’on peut trouver dans la rue tels que des vieux journaux, des meubles mis au rebut, etc. pour Gambaroff — seront présentées dans des vitrines de la rue Ramponneau de manière à offrir un contrepoint aux artistes qui pratiqueront cet espace urbain tout en déjouant les modes d’accrochage traditionnels, puisqu’au lieu d’être tournées vers les white cube, les toiles feront face à la rue.
Le temps d’une journée, une dizaine de jeunes artistes français et internationaux investiront les rues du quartier pour rejouer les révolutions qui ont jalonné l’histoire de ce médium.

(1) Brian O’Doherty, White Cube, L’espace de la galerie et son idéologie, 2008, Paris, Lectures Maison Rouge, JRP Ringier, p. 196.

(2) John Armleder, interviewé par Sabine Schaschl-Cooper et Eva Scharrer, Space Invaders, A discussion about painting, space and its hybrids, 2005, Kunsthaus Baselland, JRP Ringier, p.13.

(3) Catherine Perret, Olivier Mosset, La peinture, même, 2004, Ides et Calendes, p. 16.

(4) Street Painting, une proposition de Judicaël Lavrador et Aude Launay pour la première biennale de Belleville, le 9 octobre 2010 dans les rues de Belleville, Rébeval, Rampal…
Avec : A Constructed World, Nicolas Chardon, Aloïs Godinat, Clotilde Lataille, Olivier Mosset, Blaise Parmentier, Gerald Petit, Clément Rodzielski, Hugo Schüwer-Boss, Morgane Tschiember.

English version

Curated by Aude Launay.
Rues Julien Lacroix, Ramponneau and Tourtille.  22 September from 12 noon to 10 pm.

With : Erwan Ballan, Davide Balula, Martin Barré, Cécile Bart, Nikolas Gambaroff , Aldric Mathieu, Guillaume Pellay, Élodie Seguin.

Download the map : StreetPainting(2).pdf

“Painting was the best ally of the white gallery, the avatar of modernism. Whatever the radicalness of its innovations might have been, the canvas was neatly affixed to the wall. The decline of the painting empire shook the purity of the white space.” (1)

“Painting, for instance, seems quite innocent. That’s why we give crayons and paintbrushes to kids who don’t even write, read, or even talk properly. But, not so. Painting is flat, but creates a lot of mess.” (2)

“The definition of painting must be as extensive as the appropriation of reality by the human species demands, be that reality given or manufactured.” (3)

Carrying on the experiment conducted during the first Biennale with Street Painting (4) —an outdoor “exhibition” whose idea was to hand over to the ordeal of the street various canvases, performed paintings and plenty of other pictorial activities which were thought to be destined for the museum–Street Painting 2 has decided to take literally those artists who say they want to rub shoulders with the picture, or escape from it… What is involved is comparing reflection about the pictorial medium, often confined to the studio and limited to the canvas’s surface, with the “outside” world, with all its ins and outs, be they physical or social. The urban space becomes an exhibition space with passers-by and neighbourhood residents forming the public. Conversely, works by Martin Barré and Nikolas Gambaroff, drawing inspiration from the urban space—graffiti for Barré and objects that you can find in the street like old newspapers, furniture that has been thrown out, etc. for Gambaroff—will be presented in two display windows on Rue Ramponneau in such a way as to offer a counterpoint to artists using this urban space while thwarting traditional kinds of hanging, because instead of being turned towards white cubes, the canvases will be facing the street. For a day’s span, ten or so French and international artists will occupy the streets of Belleville to re-enact the revolutions that have punctuated the history of this medium.

(1) Brian O’Doherty, White Cube, L’espace de la galerie et son idéologie, 2008, Paris, Lectures Maison Rouge, JRP Ringier, p. 196.

(2) John Armleder, interviewed by Sabine Schaschl-Cooper and Eva Scharrer, Space Invaders, A discussion about painting, space and its hybrids, 2005, Kunsthaus Baselland, JRP Ringier, p.13.

(3) Catherine Perret, Olivier Mosset, La peinture, même, 2004, Ides et Calendes, p. 16.

(4) Street Painting, an idea proposed by Judicaël Lavrador and Aude Launay for the first Biennale de Belleville, on 9 October 2010 in Rues Belleville, Rébeval, Rampal…
With : A Constructed World, Nicolas Chardon, Aloïs Godinat, Clotilde Lataille, Olivier Mosset, Blaise Parmentier, Gerald Petit, Clément Rodzielski, Hugo Schüwer-Boss, Morgane Tschiember.