English version below

Commissariat : Caroline Hancock.

Le sculpteur Jean-Jules Pendariès (1862, Carmaux–1933, Paris) présenta Le Répit du Travailleur au Salon de 1907 où l’œuvre fut acquise par la Ville de Paris. Une rumeur suggère qu’Auguste Rodin s’en serait inspiré pour son célèbre Penseur… Ce parallèle n’est sans doute pas entièrement fondé puisque Rodin travaillait déjà cette figure sur la Porte de l’Enfer dans les années 1880, mais l’existence même de cette histoire mérite une investigation plus poussée.
Exposée au Petit Palais jusqu’en 1926, Le Répit du Travailleur (aussi parfois intitulée Le Mineur par opposition à son pendant L’Agriculteur à Villeurbanne) fut ensuite installée sur la place d’Angoulême (aujourd’hui esplanade Roger Linet) devant l’entrée de l’usine Couesnon, une manufacture d’instruments de musique en cuivre. À la fin du XIXe siècle, le quartier maraîcher du nord-est de Paris était devenu une zone industrielle et, dix ans plus tard, la Maison des métallurgistes, haut lieu du syndicalisme et du militantisme, y était inaugurée. Et, même depuis la transformation du bâtiment en Établissement culturel de la Ville de Paris, cette œuvre dédiée aux efforts physiques et mentaux du labeur ne pourrait se trouver à un meilleur emplacement, géographique autant que symbolique.

Les Journées du Patrimoine de septembre 2012 ont pour thème « Les patrimoines cachés » et la Biennale de Belleville se penche particulièrement, pour sa deuxième édition, sur les notions de révolution et d’émancipation. Pour l’occasion, l’artiste plasticienne Charlotte Moth prépare une réflexion sur Le Répit du Travailleur, sur son esthétique, son histoire et les différents concepts qu’elle met en œuvre. Penser le travail et travailler la pensée s’envisage comme une mise en lumière de cette sculpture publique mal connue dans l’histoire de l’art mais très intégrée et appréciée dans son environnement local. L’hommage au monde du travail est finalement peut-être accentué par le fait que le Travailleur perde régulièrement son outil – la pioche – pour un dialogue d’autant plus proche avec le Penseur. La distinction entre l’intellectuel et le manuel se dissipe dans la fiction de cette œuvre d’art, comme dans la réalité.

Charlotte Moth
Née en 1978, Carshalton, UK. Vit et travaille à Paris.
Parmi ses expositions personnelles récentes : Ce qui est fragile est toujours nouveau, Centre d’art contemporain de Genève (2012), Noting Thoughts, Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart (2011), et Proximités, Lavomatique, Saint-Ouen, (2011).
Une exposition personnelle a lieu simultanément à la Galerie Marcelle Alix: 13 septembre-fin octobre 2012 (www.marcellealix.com).

Ce projet est une co-production de la Biennale de Belleville et de la Maison des métallos. Il a reçu, entre autres, l’aide précieuse de la famille Pendariès ; du Centre Culturel de Carmaux, Tarn ; de la Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris ; de l’Institut de l’Histoire Sociale de la CGT Métallurgistes ; du Musée des Beaux-Arts de Gaillac ; de la Documentation du Musée Rodin, Paris.

Du 14 au 17 septembre 2012, 14h-20h
Maison des Métallos, 94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 75011
www.maisondesmetallos.org

Curated by Caroline Hancock.

The sculptor Jean-Jules Pendariès (1862, Carmaux–1933, Paris) presented The Worker’s Respite at the Salon of 1907 where it was purchased by the City of Paris. A rumour suggests that Auguste Rodin was influenced by this work while creating his famous Thinker… This parallel is probably not entirely founded since Rodin was already working on this figure on the Gates of Hell in the 1880s. But the actual existence of this story merits further investigation. Shown at the Petit Palais until 1926, the sculpture of The Worker’s Respite (also sometimes called The Miner in opposition to his counterpart The Farmer in Villeurbanne) was installed in front of the entrance to the Couesnon factory, which manufactured brass musical instruments. Since the end of the 19th century, this area in North-East Paris had been transformed from farmland to an industrial zone. Ten years later, the Maison des métallurgistes, a powerful centre for syndicalism and militant protest, was inaugurated there. To this day, this public monument dedicated to the physical and mental efforts of labor could not have a better siting, geographically and symbolically speaking.

The Open Days in September 2012 are being organised under the umbrella theme of “Hidden Patrimony” and this edition of the Biennale de Belleville concentrates particularly on the notions of revolution and emancipation. On this occasion, the artist Charlotte Moth is considering the aesthetics, history and other referenced concepts behind The Worker’s Respite. Thinking Work and Working Thought is imagined as a way to highlight this public sculpture which is not well-known in the history of art but much appreciated  part and parcel of its local environment. In a way, the homage to the working world is perhaps enhanced by the fact that the Worker regularly loses his tool – a pickaxe – making the dialogue with the Thinker even closer. The distinction between intellectual and manual fades within the fiction of this work of art, as it does in reality.

Charlotte Moth
Born in 1978, Carshalton, UK. Lives and works in Paris.
Recent solo exhibitions include : Ce qui est fragile est toujours nouveau, Centre d’art contemporain de Genève (2012), Noting Thoughts, Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart (2011), et Proximités, Lavomatique, Saint-Ouen (2011).
A solo show will take place simultaneously at the Galerie Marcelle Alix in Belleville: 13 September-end October 2012 (www.marcellealix.com).

This project is co-produced by the Biennale de Belleville and the Maison des Métallos. It has benefited from the precious help of the Pendariès family; Centre Culturel de Carmaux, Tarn; Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris; Institut de l’Histoire Sociale de la CGT Métallurgistes; Musée des Beaux-Arts de Gaillac; Documentation du Musée Rodin, Paris.

14-17 September 2012, 2-8pm
Maison des Métallos, 94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 75011
www.maisondesmetallos.org