Wilfrid Almendra
Sur une proposition de Claire Moulène.
Du 9 septembre au 15 octobre
L’Antenne, le Plateau/ Frac ile-de-France
Angle de la rue des Alouettes et de la rue Carducci
La « New Babylon » fomentée par le peintre et théoricien Constant entre 1959 et 1969 sert de catalyseur à la série « Second Skin » de Wilfrid Almendra. La mobilité, la mutation et les flux migratoires et urbains sont au cœur de ce projet de ville utopique inspiré par les recherches du groupe situationniste dont Constant fut un temps l’un des membres. Sur la base de tirages agrandis des maquettes (derniers vestiges de ce projet resté à un stade embryonnaire), Wilfrid Almendra vient accoler, au propre comme au figuré, l’imaginaire anachronique et dystopique du pavillon de banlieue. A grand renfort de crépi, silicone et mastic, il propose ainsi une nouvelle lecture, une « seconde peau » à cette iconographie moderniste. « Second Skin » s’inscrit dans la lignée de travaux engagés précédemment et notamment de la série « Killed in Action », un ensemble de bas reliefs pour lesquels il revisitait les plans et maquettes d’un programme architectural des années 50 aux Etats-Unis. D’inspiration brutaliste, ces tableaux en trois dimensions défendaient une certaine radicalité plastique renforcée par l’utilisation massive de rebuts (tronçon d’asphalte découpé à même la route, portion de grillage prélevée sur une voie de chemin de fer désaffectée…).
A l’Antenne, Wilfrid Almendra présente également une sculpture readymade. « Concrete Gardens (Pigeon) », 2010 fait partie d’une collection d’objets que l’artiste récupère dans les jardins pavillonnaires et autres parterres de lotissements. Ces objets manufacturés et bon marché, qui s’inspirent pour la plupart de la statuaire antique, ont été troqués par l’artiste contre leurs doubles, mais neufs.
Wilfrid Almendra est représenté par la galerie Bugada & Cargnel, Belleville, Paris.
