Monster - Julien BerthierLes « monstres », voilà le nom que l’on donne aux amas d’objets (souvent des meubles désassemblés) jetés sur la voie publique dans l’attente d’un ramassage ponctuel. Pour Julien Berthier, dans l’environnement ultra normé qu’est la ville, ce geste d’assemblage de plans et de volumes, relativement arbitraire et inconscient en même temps qu’anonyme, forme une sculpture publique temporaire, autour de laquelle la vie s’arrange. Son projet Monstre consiste à récupérer en l’état l’un de ces assemblages afin de le fondre en bronze, matériau historique et noble de la sculpture publique. Ce geste de prélèvement et de transformation, en plus de porter un regard sur la fin de vie d’objets de consommation, pose la question du geste sculptural, d’une histoire de la sculpture constructiviste et de la notion ouverte de sculpture publique, ainsi que du rapport public/privé qui dessine la ville et son usage. Récupéré dans les rues de Belleville, le Monstre de Julien Berthier retrouve son site d’origine pour la biennale de Belleville.

“Monsters”, this is the name given to heaps of objects (often dismantled furniture) thrown onto roads waiting for pick-up. For Julien Berthier, in the super standardized environment represented by the city, this gesture of assembling planes and volumes, relatively arbitrary and unconscious at the same time as being anonymous, forms a temporary public sculpture around which life is arranged. His project Monster consists in retrieving, as is, one of these assemblages in order to cast it in bronze, an historical and noble material for public sculpture. This gesture of sampling and transformation not only casts an eye on the end of life of consumer objects, but also raises the issue of the sculptural gesture, of a history of constructivist sculpture and of the open notion of public sculpture, as well as the public/private relation which traces the city and its use. Retrieved in the streets of Belleville, Julien Berthier’s Monster rediscovers its original site for the Belleville Biennale.