Benoît-Marie Moriceau

Sur une proposition de Claire Moulène

Pour la Biennale de Belleville, Benoît-Marie Moriceau investit un terrain vague  cerné par une série d’immeubles massifs. Cet eden perdu de la rue du Transvaal n’est pas un cas isolé à Belleville. Depuis une cinquantaine d’années, le quartier fait l’objet d’une lente et très fragmentaire mutation urbaine. À la typologie ancienne du quartier (un aménagement en terrasses qui répondait aux besoins des exploitations viticoles et des carrières de gypse) succède aujourd’hui une typologie chaotique, qui se conçoit rue après rue et produit “en creux” des parcelles inoccupées.

Masquée par une haute barricade métallique, cette friche, située à proximité du Parc de Belleville, constitue une sorte de hiatus dans la perception globale de l’ensemble architectural qui l’encercle. En suspendant un gigantesque miroir incliné à une dizaine de mètres au-dessus du jardin, l’artiste révèle plus qu’il ne produit ce qu’on pourrait appeler une “réalité augmentée”. Et délivre au passage une image, et une seule, de ce paysage miniature, laissant ainsi le champ libre aux projections que suscitent ces espaces affranchis.